Né en France en 1963, Laurent Lafolie est photographe depuis 1980. Les premières années de sa pratique l’ont amené à collaborer avec des metteurs en scène puis, à partir de 1994, avec des chorégraphes contemporains. Depuis l’année 2005 sa recherche est engagée dans des projets artistiques indépendants où s’opère un travail sur le mécanisme de perception des images en utilisant essentiellement le visage pour médium. Des notions telles que l’identité, l’intime, la dualité, l’image de soi et la reconstruction y ont été associées ces dernières années.

Plusieurs travaux réalisés à partir d’images d’archives l’ont par ailleurs amené à questionner les thèmes de la disparition et du rapport au temps. Cette dernière thématique a été reprise et articulée à celle de la mémoire dans le projet évolutif Missingu composé à ce jour de 200 visages photographiés de face à la chambre photographique et restitués sur un papier de 3,6 g/m² dont l’aspect, proche du voile et de sa transparence, les place au seuil de la visibilité.

Concrètement les travaux de Laurent Lafolie répondent à la fois au désir de faire de l’image un objet photographique et du lieu d’exposition un espace de présentation photographé, sensible et ludique. Le concept d’objet photographique se retrouve dés ses premiers tirages par contact au platine-palladium* jusqu’aux projets sur washi**, sur verre et autres supports. Il est également lisible dans l’agencement et la disposition des images où la place est laissée au jeu des lectures multiples : superposition, inversion, cumul, report, apparition/disparition, visibilité/invisibilité, etc…

Plusieurs projets sont généralement réunis lors des présentations ; ils s’assemblent pour former une distribution photographique où le lecteur réinvente progressivement les images par les déplacements qu’il opère et les points de vue quʼil adopte. Chaque présentation – intérieure ou extérieure – est ainsi le moyen de développer une construction adaptée à des contextes culturels, spatiaux etc… dans lequel [le rapport du visiteur à] l’image devient un acte cadré par le perceptible, modelé par lʼinvisible et tendu vers lʼirreprésentable.

 

* Le procédé platine-palladium est une technique de tirage par contact dont les qualités sont à la fois visuelles et tactiles. L’aspect et le toucher sont proches de ce que peut offrir une gravure.

** Papier japonais